Cité Maraîchère

Récemment nominée au prix Mies Van der Rohe 2022, la "Cité Maraichère" de Romainville est un projet d'agriculture urbaine à visée pédagogique.

Véritable "laboratoire du vivant", elle a pour vocation de proposer tout au long de l'année des fruits et légumes frais aux riverains.

Cette serre verticale en ville valorise une filière de production alimentaire locale et à faible empreinte carbone, réduit le recours au transport routier et génère des emplois.

Livrée en mars 2021 à Romainville, La Cité maraîchère est un nouvel équipement municipal d’agriculture urbaine et d’alimentation durable autant qu’un lieu d’innovation agronomique, sociale, architecturale et technique.

Au sein d’un quartier en pleine régénération, l’ouvrage, exemplaire dans sa rationalité et sa logique constructive, est un véritable trait d’union entre pratique séculaire et moderne du maraîchage.

Face au changement climatique, au défi écologique et alimentaire majeur à venir, ainsi qu’à l’augmentation de la population prévue d’ici 2050, l’agriculture urbaine apparaît comme une réponse au fort potentiel pour demain.

La Cité maraîchère – cette « architecture du vivant » – témoigne d’une volonté politique de participer à la transition écologique.

Les objectifs de Corinne Valls, Maire de Romainville à l’origine du projet, étaient multiples : favoriser les circuits courts, créer de l’emploi, garantir aux habitants une alimentation de qualité, générer une économie sociale et solidaire et sensibiliser la population sur la gestion des ressources en énergies.

Dès 2013, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) faisait l’objet d’une révision autorisant les constructions à usage agricole sur l’ensemble du territoire communal. La nouvelle Municipalité entend mettre cet outil hérité de la mandature précédente au service d'une politique sociale et écologique ambitieuse, au sein de la nouvelle Agence Municipale de la Transition Écologique et Solidaire (ACTES).

Ancienne « Cité », le quartier Marcel Cachin, composé de grands ensembles HLM des années 1960, a fait l’objet d’une opération de requalification dans le cadre du premier ANRU.

Aussi, au-delà de sa fonction première d’agriculture urbaine, la Cité Maraîchère interroge des thématiques urbaines actuelles pressantes : la gestion du foncier et de l’occupation des sols, la réduction des îlots de chaleur ou la qualité de l’air, le développement de tissus associatifs, etc.

Projet innovant ouvert sur la ville, elle est à la mesure de la dynamique urbaine que connaît le territoire.

La composition homogène de ses façades donne à lire un édifice capable et flexible, traduisant sa vocation agricole : lumière naturelle, protections solaire et thermique, récupération des eaux de pluie, etc.

La ferme urbaine est un « outil » destiné à favoriser le meilleur rendement possible pour les cultures. Conçu comme un environnement bioclimatique « contrôlé », elle associe systèmes de ventilation et éclairement naturels au sein d’enveloppes thermiques performantes.

En répondant aux exigences fonctionnelles issues du programme, le parti architectural met en cohérence l’ambition de l’efficacité au service d’une exploitation agricole responsable.

Intégrée dans le site, la Cité Maraîchère est un bâtiment didactique et propice aux échanges qui a pour ambition de participer à la vie du quartier et transmettre des valeurs et des principes d’économie circulaire.

Le dispositif architectural repose sur quatre grands principes :

RATIONALITE FONCTIONNELLE

L’étude d’ensoleillement nous a permis de définir une exposition optimale des façades suivant une orientation sud / sud-ouest favorable au développement des cultures.

Au croisement de la serre horticole et du bâtiment industriel, notre projet s’organise au sein de volumes rationnels et flexibles, permettant d’organiser facilement les flux et les espaces à l’intérieur du bâtiment.

ANIMATION DE LA VIE DU QUARTIER

Au-delà des principes d’organisation à l’origine de la conception du futur bâtiment, ce sont des valeurs humaines et les échanges entre voisins qui sont encouragés. Ces valeurs se manifestent dans la volonté de cultiver les aliments là où les gens vivent et d’animer le quartier !

DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

Les dispositions constructives adoptées sont issues d’une démarche pragmatique vis a vis des besoins et des enjeux exprimés à travers le programme faisant de la préfabrication un principe régulateur.

INSERTION DANS LE SITE

Situé au coeur d’un site en plein renouvellement, le futur bâtiment constitue un signal fort, dont les volumes sont réglés sur les gabarits de la Maison des retraités et du bâtiment K qui font office de repères intangibles dans le strict respect des règles d’urbanisme.

En termes d'organisation, la Cité Maraichère est composée de deux ailes, de 7m de large chacune.

La serre ouest s’élève à R+3 (15m au faîtage), d’environ 36m de longueur, la serre est à R+6 (24m au faîtage), d’environ 21m de longueur.

Le rez-de-chaussée est accessible au public. Des activités pédagogiques y sont proposées (ateliers, serre pédagogique), et une surface de vente y est aménagée.

Pensé comme un espace flexible, ce niveau peut accueillir des activités variées en fonction des besoins et du modèle économique de l’exploitant (séminaires, événementiel, marché/portes-ouvertes…). Une mezzanine permet d’apercevoir les cultures depuis l’espace ERP.

La production se situe dans les étages et au sous-sol (champignons endiverie)
Les parties ouvertes au public se situent à rez-de-chaussée et une mezzanine qui donne à voir les cultures. Un espace livraison et manutention est prévu à l’arrière du bâtiment.

En extérieur, des jardins pédagogiques sont aménagés au pied de la serre ouest, dans le prolongement des ateliers.

Le sous-sol est dédié à la production (champignons, graines germées, etc.), au conditionnement (chambre froide, laboratoire, poste lavage), ainsi qu’au stockage.

Les étages sont entièrement conçus pour la production maraîchère en bacs (hors-sol).

Chaque palier donne sur une large plateforme béton - espace « capable » - servant à la fois d’organe de liaison, d’allée logistique, de zone de manœuvre et de niveau de référence - distribuant un réseau étendu de galeries secondaires.

Ces galeries secondaires, largement exposées à la lumière sud / sud-ouest, surplombent une « faille verticale » qui traverse les volumes sur toute leur hauteur jusqu’à la toiture.

La logique de distribution secondaire - inspirée du modèle des allées sous serre – est strictement linéaire. Des passerelles de liaison et des escaliers de service permettent de « boucler » le circuit tous les 15 mètres afin de réduire les temps de déplacement.

Chaque galerie a été ordonnancée selon le schéma suivant :
. 1 rangée de bacs posés au sol L80xP35cm + 1 rangée de bacs suspendus L80xP35cm donnant sur les façades
. 1 circulation centrale de largeur 80cm
. 1 rangée de bacs posés au sol L80xP35cm donnant sur la « faille centrale »

Nous avons fait le choix de vêtir l'ensemble des façades de panneaux isolants biosourcés en liège et de recourir à des processus énergétiques circulaires et vertueux (éclairage naturel, chaufferie bois, récupération des eaux de pluies et réutilisation pour l'arrosage)

Voir le dossier de presse

En savoir plus

Infos projet

Maîtrise d’ouvrage :
Ville de Romainville
Lieu :
Romainville (93)
Équipe de conception :
ilimelgo (architecte mandataire)
Secousses (architecte associé)
Scoping (BET TCE)
Etamine (BET HQE)
Terreauciel (agronome)
Land'Act (paysagiste)
Mission :
Maîtrise d'oeuvre complète + Mobilier + Signalétique
Surface :
2 060 m² sdp
Coût des travaux :
5,1 M€ HT
Phase/date :
Livré en mars 2021