SCMR

Située à Paris au sein de l’hôpital Lariboisière, la première salle de consommation à moindre risque (SCMR) en France à été inaugurée le 17 octobre 2016.

Porté par l’association Gaïa, cet espace expérimental vise à la réduction des risques pour les usagers de drogues.

Une salle de consommation à moindre risque (SCMR) est un lieu où les toxicomanes s'injectant par voies intraveineuses peuvent venir pratiquer leur injection.

Elle offre de bonnes conditions sanitaires et d'hygiène ainsi qu'en présence d'un personnel formé mais la drogue n'est pas fournie aux usagers en situation de dépendance.

" C’est un dispositif de santé publique qui permet l’accueil d’usagers de drogues en situation de précarité par une équipe professionnelle médico-sociale. Il s’inscrit dans le prolongement des actions de réduction des risques et des dommages (RdRD) mises en place depuis presque 30 ans en France.

Il est justifié par la nécessité d’élargir la palette des actions de RdRD pour toucher les personnes les plus éloignées des dispositifs existants et aux conditions de vie les plus précaires.

Le choix du lieu d’implantation dépend de données locales relatives au nombre d’injections, aux produits, aux modes de consommation et aux habitudes des usagers.

Elle doit être située à proximité des lieux de consommation afin d’être proche des usagers et réduire les nuisances dans l’espace public, là où elles sont les plus tangibles.

A Paris, l’Espace Gaïa vient compléter les dispositifs de réduction des risques et des dommages (RdRD) présents sur le territoire parisien

La gare du Nord est un pôle d’interconnexions générateur de flux considérables : elle est traversée, chaque jour, par plus d’un million de passagers. La gare SNCF a un rayonnement européen et si des activités commerciales diverses s’y sont développées, c’est aussi un lieu d’errance.

La « scène de consommation » du quartier de la gare du Nord est la plus importante de Paris. Dès 1995, des distributeurs de seringues y ont été implantés et ce dispositif a été complété et renforcé depuis par des maraudes sociales et médico-sociales, l’implantation de CAARUD inter- venant en équipe mobile (bus), de CSAPA, d’automates distributeurs échangeurs de matériel de prévention et de réduction des risques...

En 2015, l’activité des automates du quartier de la gare du Nord représente 60% de l’ensemble de la distribution de matériel de consommation par automate de Paris.

La population usagère de drogues du secteur de la gare du Nord à qui devrait bénéficier la SCMR correspond à des injecteurs poly-consom- mateurs en situation de précarité et/ou sans domicile ; une population qui « échappe » pour partie aux dispositifs actuels.

La SCMR est gérée par l’association Gaïa-Paris, association implantée sur le territoire depuis plus de 10 ans et qui gère déjà deux établissements médico-sociaux (CSAPA et CAARUD).

L’équipe pluridisciplinaire médico-sociale qui encadre la SCMR est composée d’une vingtaine de personnes : infirmiers, éducateurs, médecins, assistants sociaux et agents de sécurité.

La loi et l’arrêté ministériel fixent les principes de fonctionnement des expérimentations de SCMR.

. La salle ne fournit aucune drogue. Les produits apportés par les usagers peuvent être des produits illicites ainsi que des médicaments détournés de leur usage.

. L’usager doit préalablement énoncer et montrer à l’intervenant médico-social le produit qu’il souhaite consommer.

. Une seule consommation est autorisée par session.

. Les usagers doivent utiliser le matériel de consommation mis à leur disposition.

. L’injection est pratiquée par l’usager lui-même sous la supervision d’un professionnel, lequel ne saurait participer de manière active aux gestes de consommation.

. Une salle de repos est prévue après la consommation.

. L’usager peut demander à rencontrer un professionnel médico-social.

. Ne peuvent accéder au dispositif que les usagers injecteurs de plus de 18 ans.

. Les SCMR se dotent des protocoles définissant les modalités de fonctionnement (d’accompagnement, d’intervention), des conventions de partenariats avec les différents acteurs locaux concernés (services d’urgence, police, voirie…).

Dans le cadre des discussions avec les acteurs présents sur le territoire, un espace adapté situé dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière, avec une entrée indépendante, a été proposé à la location par l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris à l’hiver 2015.

Conformément au cahier des charges, un protocole a également été élaboré en vue d’organiser la prise en charge médicale des usagers de la salle de consommation à moindre risque.

En cas d’urgence médicale, l’hôpital Lariboisière prend en charge les usagers de la salle, soit dans les locaux de la SCMR, soit au service d’accueil des urgences, soit dans le service réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital.

Les usagers de la SCMR souhaitant intégrer un programme de soins seront accueillis au sein des consultations spécialisées et pour des hospitalisations (prise en charge des complications médicales et psychiatriques, programme de sevrage) dans le département universitaire de psychiatrie et de médecine addictologique de l’hôpital Fernand-Widal."

Extrait du dossier de presse de la Ville de Paris

En savoir plus

Infos projet

Maîtrise d’ouvrage :
Ville de Paris et Association Gaïa
Lieu :
Paris (75)
Équipe de conception :
ilimelgo (architecte)
A2PR (BET fluides)
EVTB (économiste)
Mission :
Maîtrise d'oeuvre complète
Surface :
170 m²
Coût des travaux :
N.C.
Phase/date :
Livré en 2016