École et pensionnat
Implantée au cœur de la Nièvre, à l’orée du Bois de la Rivière, l’école Notre-Dame de la Sainte-Espérance prend place dans une situation paysagère remarquable, où la présence du couvert forestier, l’ampleur du domaine et le relief du terrain constituent des données premières du projet.
L’établissement, qui réunit aujourd’hui une école primaire, un collège et un lycée des métiers d’art, connaît un engouement croissant qui se traduit par une augmentation des effectifs. Le projet répond à cette évolution par une recomposition d’ensemble du domaine, associant restructuration du bâti ancien, réaffectation de certains édifices existants et adjonction de nouvelles constructions destinées à l’enseignement.
Situation
Le site s’étend sur plus de six hectares et s’organise selon deux plateaux distincts, séparés par un dénivelé d’environ dix mètres. Le plateau haut, maintenu dans son état naturel, prolonge le Bois de la Rivière et constitue un arrière-plan boisé continu. Le plateau bas, accessible depuis le chemin du Château, concentre les accès et accueille les principaux bâtiments du domaine.
Cette configuration topographique ne relève pas d’un simple contexte : elle détermine l’implantation du programme, la distribution des circulations et la manière dont les interventions prennent place dans le site.
Organisation existante
L’ensemble bâti repose sur trois édifices patrimoniaux : le Château, entouré de douves alimentées par la source du Souci ; la Ferme, liée à la vie religieuse du prieuré ; le Pigeonnier, aujourd’hui inoccupé.
Cette structure constitue un socle sur lequel le projet s’appuie sans en figer les usages, en engageant une transformation par réaffectation plutôt que par substitution.
Restructuration du Château
Le Château fait l’objet d’une restructuration complète afin d’accueillir l’internat du pensionnat. Cette transformation revalorise un édifice existant en lui attribuant une fonction centrale dans le dispositif d’ensemble.
Le rez-de-chaussée regroupe les espaces communs — infirmerie, oratoire, bureau de direction, tisanerie — tandis que les niveaux supérieurs accueillent dortoirs, chambres et sanitaires. Les combles sont mobilisés afin d’augmenter la capacité d’accueil sans extension de l’emprise bâtie.
L’organisation repose sur une distribution lisible, en cohérence avec la structure du bâtiment et les usages qu’il accueille.
Transformation et extension de la Ferme
La Ferme fait l’objet d’une intervention élargie, combinant réhabilitation et extension. Une partie du bâti existant est réaffectée pour accueillir un réfectoire et des salles de classe.
À cette transformation s’ajoute une extension liée à l’évolution pédagogique de l’établissement, avec l’introduction de nouvelles salles d’enseignement et d’ateliers dédiés à la menuiserie, à l’agencement, à la couture et à la broderie.
L’intervention ne se présente pas comme un objet autonome, mais comme une continuité du domaine existant, en lien étroit avec la topographie et l’organisation générale du site.
Implantation et espaces extérieurs
L’extension se déploie en deux corps bâtis distincts, disposés de manière à accompagner le relief du terrain. Entre eux, des placettes et des terrasses structurent les circulations et les relations entre les différentes parties du programme.
Ces espaces ne constituent pas des résidus mais des pièces à part entière : ils organisent les seuils, qualifient les parcours et prolongent les usages d’enseignement hors des salles.
L’implantation privilégie ainsi une composition ouverte, attentive aux écarts, à la pente et aux situations intermédiaires.
Écriture constructive
Le projet repose sur un principe de continuité matérielle avec l’existant. La pierre de réemploi, issue de la déconstruction d’une tourelle effondrée, est réintroduite dans la composition. Les toitures en tuiles plates reprennent le vocabulaire du site et contribuent à l’unité de l’ensemble.
Cette continuité ne relève ni de l’imitation ni de l’effacement, mais d’une attention portée à la matière et à l’assise des constructions.
Intervention sur l’existant
Sur le bâti ancien, les interventions procèdent par ajustement. La reprise des toitures vise à rétablir une cohérence d’ensemble, en remplaçant une couverture hétérogène par une matérialité unifiée.
Les menuiseries font l’objet d’un traitement différencié : les éléments en pierre sont conservés et restaurés, tandis que les châssis sont remplacés afin d’améliorer les performances thermiques.
L’intervention articule ainsi conservation, transformation et amélioration d’usage sans altérer la lecture des édifices.
Posture
Le projet ne procède ni par contraste ni par pastiche. Il s’appuie sur une méthode fondée sur la transformation, la réaffectation et l’adjonction mesurée.
À l’échelle du domaine, il met en relation patrimoine bâti, extension programmatique et qualité paysagère. À l’échelle de l’architecture, il s’ancre dans la matière, la topographie et les usages pour construire une continuité entre l’existant et les interventions nouvelles.
Infos projet
Maîtrise d’ouvrage :
École Notre-Dame de la Sainte Espérance,
Congrégation du Saint-Nom de Jésus
Lieu :
Couloutre (58)
Équipe de conception :
ilimelgo (architecte)
EPPY (BET Fluides, VRD)
Bimeco (Économiste)
Element (BET Structure)
Mission :
Maîtrise d’oeuvre complète + OPC
Surface :
1300 m²
Coût des travaux :
3,5 M€ HT.
Phase/date :
Chantier en cours